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Portrait de Yann Vodable,

Portrait de Yann Vodable,

Enseignant, maker et vice-président de notre association, Yann Vodable a 42 ans. Papa de deux enfants, il habite dans le Puy de Dôme, à côté de Clermont-Ferrand.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis enseignant d’ingénierie mécanique au lycée La Fayette de Clermont-Ferrand. Auparavant, je cumulais avec une micro entreprise d’électronique embarquée pour la réparation de véhicules. Je suis très actif et je “bricole” énormément sur de nombreux sujets.

Comment avez-vous rejoint l’association Visière Solidaire?

J’ai créé l’association Visière Solidaire avec Anthony Seddiki.

Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

Les phases de développement et d’optimisation de la visière en parallèle avec l’optimisation de la production dans mon garage. A cette époque, je produisais avec 5 machines à la fois, la mienne et 4 autres prêtées par le lycée La Fayette de Clermont-Ferrand.

Parmi mes autres souvenirs figurent les larmes de joie présentes sur le visage d’infirmières épuisées, mais heureuses de recevoir ces équipements. Je vois encore le soulagement d’un groupe de gendarmes dans les mêmes circonstances à qui nous avions apporté des visières anti projections.

En fait, les souvenirs sont nombreux car j’ai produit 14000 visières avec ces 5 imprimantes 3D. Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai utilisé 120 kg de plastique, et fait tourner les 5 machines de ma petite ferme 3D, 700 heures chacune.

 

Vous pouvez nous parler de votre projet de création de prothèse ? Qui est à l’origine des idées ? Dans quel cadre il a été réalisé ? Un partenaire ?

Je fais partie de l’association E-nable, qui met en contact des makers et des demandeurs. Dans ce cadre, j’ai simplement répondu à une demande en impliquant mes élèves dans la démarche. La remise de l’objet fabriqué fut un moment très fort en émotions pour tout le monde.

Une attelle de rééducation des jambes a également été produite avec mes élèves, elle fut financée sur des fonds propres d’un rotarien et offerte au Centre Médical Infantile de Romagnat.

Yann Vodable interviewé sur la plateforme media En vrai TV 

La solidarité c’est quoi pour vous ?

Je ne me destinais pas à cette voie. Cependant, la situation des soignants lors du premier confinement m’a révolté, j’ai répondu présent à l’appel d’Anthony. Finalement, j’ai pris goût à ces actions, elles permettent de donner des valeurs aux jeunes que je forme, je trouve cela noble.

Le mot de la fin ?

Pour mener une action de solidarité, on a besoin de tout le monde : ceux qui font, les personnes qui aident à la logistique, ceux qui offrent de la matière première, et toujours, les dons d’argent.

 

Les étudiants du Lycée La Fayette de Clermont-Ferrand avec leur enseignant Yann Vodable, remettant une prothèse de bras.

Les lycéens de Yann Vodable remettent leur prothèse de bras à un agriculteur. © Radio France – Claudie Hamon.

Portrait de Romaric Cuveller, maker et lycéen de 16 ans

Portrait de Romaric Cuveller, maker et lycéen de 16 ans

Le jeune lycéen, Romaric Cuveller, a été reconnu prodige de la République le 1er Juin 2021 pour son action de solidarité de jeune maker.

Le diplôme de « Prodige de la République » récompense « l’engagement de citoyens et de citoyennes aux services d’une cause ou de personnes ».

« Dans le cadre d’une consultation nationale, de nombreux citoyens du département du Nord ont proposé plus d’une centaine de personnes. Ces personnes se sont toutes distinguées par leur investissement et leur altruisme ».

« Parmi ces profils, qui se sont distingués par leur sens de l’engagement, 20 jeunes femmes et hommes méritants se sont illustrés par leur engagement remarquable au service la société. Ils ont retenu mon attention ainsi que celle d’un jury réuni le 25 janvier dernier ».

Durant la cérémonie du mardi 1er juin, Camille Tubiana, préfète déléguée pour l’égalité des chances dans le département du Nord et Michel Lalande, préfet du Nord, ont remis les diplômes.

Romaric Cuveller, lycéen de 16 ans, avec son diplôme de “prodige de la République” et ces imprimantes 3D

Encore collégien, Romaric avait produit, sur son imprimante 3D, quelques 750 visières de protection au printemps 2020. La crise sanitaire a suscité des vocations de « makers » et Romaric avait rejoint Visière Solidaire. L’adolescent a réalisé 500 pinces anti-buée pour masque au profit du Téléthon en novembre 2020. Désormais Romaric Cuveller est élève de Seconde au lycée Saint-Michel de Solesmes.

« Cette reconnaissance officielle, ça fait du bien. Ça fait chaud au cœur de se dire que quelqu’un d’officiel a apprécié ce qu’on a fait ». « Je voudrais que tout le monde sache que la solidarité, c’est quelque chose de bien, qu’il ne faut pas arrêter… Moi, je ne m’arrêterai pas », nous partage Romaric Cuveller.

Portrait de Bruno Amar

Portrait de Bruno Amar

Bruno Amar, 44 ans, habite à Montgeron en Ile-de-France. Enseignant en microtechniques, il est Maker engagé auprès des associations Visière Solidaire, Planète Science et Grégory Lemarchal.

Que faites-vous dans la vie ?

Depuis 20 ans, je suis enseignant en région parisienne auprès d’élèves qui préparent un bac professionnel en microtechniques. Après avoir formé des jeunes à Evry et Massy, j’enseigne aujourd’hui au Lycée Frédéric Joliot Curie à Dammarie-les-Lys en Seine-et-Marne. Je forme notamment les élèves à la maintenance, au montage et à la fabrication de systèmes mécaniques pouvant contenir de l’électronique, comme les imprimantes 3D.

Comment avez-vous rejoint l’association Visière Solidaire?

Suite à un article paru dans Le Parisien et relayé sur les réseaux sociaux, j’ai pris contact avec Anthony afin de l’aider. Plutôt réservé et à l’écoute des autres, j’aime rendre service.

Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

Ce qui m’a marqué sur le plan humain est la force d’action que l’on peut avoir en se regroupant. Les nuits passées à printer, à discuter en visio avec d’autres maker, l’esprit de famille qui s’est créé, le regard des gens que l’on a pu aider, m’ont marqué.

Comment décririez-vous la personnalité de votre ou de vos imprimantes 3D ?

Mon imprimante, que j’ai acquise en 2014, est à monter et à régler soi-même. Une imprimante de maker avec des hauts et des bas, et beaucoup de bricolage !

La solidarité c’est quoi pour vous ?

La solidarité, c’est de pouvoir aider avec ce que l’on sait faire, pas forcément avec de l’argent, mais avec du temps que l’on donne aux autres. En plus de Visière Solidaire, je suis engagé dans le fablab de Planète Science à Ris Orangis pour faire découvrir les technologies et aider sur des projets. Je suis aussi bénévole pour l’association Grégory Lemarchal (la lutte contre la mucoviscidose) pour qui je fabrique des objets en 3D, que j’offre à l’association pour qu’elle puisse les vendre.

Pour garder le contact avec Bruno, qui est l’un des administrateurs du groupe Facebook Visière Solidaire, c’est par ici.

Et pour lire l’article sur notre collectif sur Makers Faire France, c’est par !

Portrait de Jean-Guy Méhault

Portrait de Jean-Guy Méhault

Jean-Guy Méhault , 35 ans, habite au balcon de la baie du Mont Saint-Michel.
Anciennement Menuisier d’agencement et depuis 12 ans responsable Bati / Electro dans une
enseigne indépendante de bricolage et décoration.


Comment avez-vous rejoint Visière Solidaire?

“Au début de l’aventure, j’ai imprimé en 3D pour deux groupes dès les premiers jours du
confinement en 2020. les deux groupes sont “Makers contre le covid 35” et “Stopcovid 50”. Après la fin de la 1ère vague, les
demandes ont diminué, les groupes se sont mis en stand by et c’est naturellement vers l’association Visière Solidaire que je me suis rapproché grâce à la continuité et le suivi du groupe et surtout le professionnalisme des membres de Visière Solidaire.”

Jean-Guy Méhault


Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

” Le meilleur souvenir a été l’annonce de la barre du million de visières données aux
soignants, c’est à ce moment qu’on se rend compte de l’ampleur de se qu’on a créé tous
ensemble.”

“Par contre la photo de la main et de la petite visière me tient à cœur, cela représente pour moi le cœur des makers de Visière Solidaire. Pour l’histoire mon fils de 6 ans qui surveillait sans cesse et qui a participé à sa fabrication. Il était heureux de ce que nous fabriquions. Il a voulu protéger son doudou du covid19, donc entre deux plateaux, nous avons fabriqué cette mini visière pour son doudou ensemble. Une version mini faite à partir du vrai STL de la visière Visière Solidaire.”


Comment décririez-vous la personnalité de votre ou de vos imprimantes 3D ?

” Capricieuses et hallucinantes…. À chaque print différent, il y a toujours quelque chose à
régler puis ça fonctionne. Hallucinante car tous les jours on découvre
quelque chose de nouveau à faire, à fabriquer, à inventer. Tout est possible à l’infini.”


La solidarité c’est quoi pour vous ?

” La solidarité est une chose que nos parents nous ont appris et qui disparaît de plus en
plus avec les générations malheureusement. Visière Solidaire a su réunir beaucoup de jeunes et leur a donné une envie et une motivation pour devenir solidaires.”

“Les makers de Visière Solidaire ont le cœur dans la main. C’est la visière qui nous a tous réunis.”

Jean-Guy Méhault

https://www.facebook.com/autoclubdelabaie.acb

Portrait de Valentin et Thomas Ageorges

Portrait de Valentin et Thomas Ageorges

Comment avez vous rejoint Visière Solidaire?

La famille Agoerges a rejoint Visiére Solidaire par Facebook, lors de la premiére crise covid en 2020. Valentin avait alors 16 ans et son frère Thomas 13 ans. Leur cousin Adrien de 16 ans a rejoint l’aventure d’impression de visières. Valentin veut et fait désormais des études pour travailler dans le milieu de la 3d. Valentin est lycéen et a choisit une filière technologique. Ils ont imprimé des visières, puis des pinces pour masque pour le Téléthon.

” Nous aimons la culture « Maker »” tournée vers le « faire » en s’appuyant sur la technologie. C’est à dire la culture du DIY ( Do It Yourself, en français faites-le vous-même).

L’impression 3D permet d’imprimer un objet à des échelles différentes. Il est possible de proposer des modèles imprimés d’objets infiniment petits comme des molécules ou des virus.

Ce que je préfère: ” Le fait de faire tout du début et de pouvoir tenir l’objet en main à la fin de l’impression”. ” En plus la collaboration avec les autres makers de Visière Solidaire c’est faite très facilement, sans idée préconçues sur notre âge.”

” Par exemple, nous avons des Ender 3, que je suis en train moderniser pour que l’imprimante 3D fasse son autolevel seule” nous partage Valentin Agoerges.

La solidarité c’est quoi pour vous ?

La solidarité est une histoire de famille. ” Ma maman Cécile est aide-soignante dans un hôpital et actuellement détachée pour le centre de vaccination covid”. ” Mon père est cuisinier dans une maison de retraite”. “Ils travaillent les deux dans des milieux où il faut donner”.

” Je voudrais continuer après le Bac technologique en BTS pour faire concepteur”.

Valentin Ageorges, Thomas Ageorges et Adrien Luçon 16 ans, 14 ans, 16 ans novembre en 2020

Portrait de Fabrice Guerin

Portrait de Fabrice Guerin

Que faites-vous dans la vie ?

Pour commencer, je suis gendarme spécialisé dans les systèmes d’informations. Aprés une formation axée sur l’ analyse et le développement, aujourd’hui je suis chargé entre autres de la maintenance des systèmes d’information de la gendarmerie de la corse du sud.

Comment avez-vous rejoint Visière Solidaire?

Au tout début du premier confinement, autour du 17 mars 2020, ayant dans mon entourage des personnes à risque(s) ou étant fortement exposées, je cherchais des solutions pour aider.

En faisant mes recherches, je suis tombé sur un article qui parlait d’Anthony Seddiki, et j’ai pris contact. J’ai créé le groupe Facebook Visière solidaire corse 2A.

Au départ, étant tout seul, cela n’a pas été facile mais j’ai vite été contacté par plusieurs makers, des associations et des institutions qui ont remarqué ma page facebook Visière solidaire corse 2A.

Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

Bastien de Marseille m’a de suite proposé son aide . J’avais une machine en panne et plus de filament quand j’ai reçu une demande de 1.000 visières. Les choses se sont débloquées et on m’a prêté une imprimante 3D et j’ai reçu du filament. Pour moi c’est ça la solidarité: “tenter de se soutenir les uns les autres“. C’est ce qui s’est passé à ce moment-là en fin mars et début avril. Le personnel soignant des EHPAD ne savait plus quoi faire pour se protéger et il n’avait plus de masque. 

Mon fils Gabriel qui avait quatre ans et demi écrivait les noms sur les cartons de livraison des visières. Ma femme Soumia me soutenait et montait les écrans des visières . Je me rappelle que nous avons passé des soirées et certaines nuits à imprimer, découper, perforer, monter et compter les visières. Ils se sont impliqués. 

Chaque appel pour une demande de visière à été un moment marquant pour moi, les gens semblaient désemparés… Ainsi que chaque photo, ou message de remerciement, c’est cela qui m’a vraiment aidé à continuer. Il y a eu aussi les contacts avec les autres administrateurs des pages facebook de Visière Solidaire au niveau départemental.

Source: https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/do-it-yourself-solidarite-face-penurie-masques-makers-corses-s-organisent-web-1810564.html

Quelles imprimantes 3D utilisez-vous ?

Une Geetech A30 que j’ai achetée en 2017. Puis j’ai acheté deux imprimantes en mars et avril 2020 pour imprimer des visières:  une Tenlog D3 pro double extrudeurs et une Ender 3 V2.

En ce qui concerne mes imprimantes, elles ont toutes les trois répondues présentes. Que ce soit pour les visières ou les pinces masques. Surtout la première qui s’est même sacrifiée à la tâche… mais j’ai pu la réparer, donc  “courageuses” est une bonne description de la personnalité de mes imprimantes.

Maintenant j’utilise les imprimantes 3D pour fabriquer des objets car je suis toujours en recherche de petites solutions d’amélioration du quotidien…

Fabrice Guerin email: fabrice.guerin99@gmail.com

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Cette Objet n'est pour l'instant disponible que pour les soignants ou professions médicales, mais vous pouvez quand même faire une demande