Quand la Kabylie brûle, la solidarité s’impose

Quand la Kabylie brûle, la solidarité s’impose

Situé au nord du pays, la Kabylie est touchée par des incendies incontrôlables depuis le 9 août. Face à la détresse de la population, Visière Solidaire prend action en coordination avec les villes d’Epinay-sous-Sénart et de Saint-Denis.

Un contexte dramatique

Suite aux nombreux incendies avec environ un millier de villages menacés par des murs de flammes, la population s’est trouvée en total désarroi par la lenteur des secours. Pour les combattre, le gouvernement algérien a lancé un appel d’aide à l’Union Européenne . Quant à eux, les citoyens, ils ont rapidement pris le relais pour lancer des appels à l’aide au travers de leurs associations.

La population mène une course folle pour combattre des flammes sur fond de températures caniculaires.
Photo DR Epinay-sous-Sénart

Ensemble plus fort

C’est ainsi, en coordination avec l’ONG Riposte Internationale, que la municipalité d’Epinay-sous-Sénart a lancé un appel à la solidarité samedi dernier. Visière Solidaire a réagi avec rapidité à cet appel à destination des victimes des incendies en Kabylie sur les réseaux sociaux. En complément des besoins en matériel médical, d’eau et de nourriture, l’association a répondu aux besoins en matériels de protection, et plus particulièrement des visières antiprojection pour le personnel médical .


Afin de secourir les victime du feu, une collecte de médicaments ( tulle gras, Biafine, antiseptiques, etc. ) a été mené par les bénévoles de la Ville d’Epinay-sous-Sénart.

Le chemin de la solidarité

Sans contact institutionnel direct avec la Kabylie, la municipalité s’est rapprochée de la ville de Saint-Denis. La commune travaille avec l’ONG Riposte Internationale au titre de la coopération décentralisée. Le matériel collecté est récupéré par l’ONG. Cette dernière étant en lien direct avec les professionnels de santé de l’hôpital de Aïn El Hammam.

Nos bénévoles, Bruno Amar et Christophe Bourdette, ont conditionné dans chaque boîte 500 visières pour les faire parvenir au personnel de santé.

Nous adressons un immense merci aux Makers de Visière Solidaire et aux entreprises qui nous permettent de continuer à soutenir les victimes, où qu’elles soient.

Portrait de Yann Vodable, maker, et vice-président de notre association

Portrait de Yann Vodable, maker, et vice-président de notre association

Enseignant, maker et vice-président de Visière Solidaire, Yann Vodable a 42 ans. Papa de deux enfants, il habite dans le Puy de Dôme, à côté de Clermont-Ferrand.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis enseignant d’ingénierie mécanique au lycée La Fayette de Clermont-Ferrand. Auparavant, je cumulais avec une micro entreprise d’électronique embarquée pour la réparation de véhicules. Je suis très actif et je “bricole” énormément sur de nombreux sujets.

Comment avez-vous rejoint l’association Visière Solidaire?

J’ai créé l’association Visière Solidaire avec Anthony.

Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

Les phases de développement et d’optimisation de la visière en parallèle avec l’optimisation de la production dans mon garage. A cette époque, je produisais grâce à 5 machines en même temps (la mienne et 4 autres prêtées par le lycée La Fayette de Clermont-Ferrand).
Parmi mes autres souvenirs figurent les larmes de joie présentes sur le visage d’infirmières épuisées, mais heureuses de recevoir ces équipements. Je vois encore le soulagement d’un groupe de gendarmes dans les mêmes circonstances à qui nous avions apporté des visières anti projections.
En fait, les souvenirs sont nombreux car j’ai produit 14000 visières avec ces 5 imprimantes 3D. Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai utilisé 120 kg de plastique, et fait imprimer les 5 machines de ma petite ferme 3D, 700 heures chacune.

Vous pouvez nous parler de votre projet de création de prothèse ? Qui est à l’origine des idées ? Dans quel cadre il a été réalisé ? Un partenaire ?

L’histoire de la montée en puissance des Makers racontée par Yann Vodable

Je fais partie de l’association E-nable, association qui réunit les bénévoles dont le but est de créer des appareils d’assistance aux handicaps, et qui met en contact Makers et les demandeurs de prothèses. Dans ce cadre, j’ai simplement répondu à une demande en impliquant mes élèves dans la démarche. La remise de l’objet fabriqué fut un moment très fort en émotions pour tout le monde.
Une attelle de rééducation des jambes a également été produite avec mes élèves, elle fut financée sur des fonds propres d’un rotarien et offerte à L’IME de Romagnat.

La solidarité c’est quoi pour vous ?

Je ne me destinais pas à cette voie. Cependant, la situation des soignants lors du premier confinement m’a révolté, j’ai répondu présent à l’appel d’Anthony. Finalement, j’ai pris goût à ces actions, elles permettent de donner des valeurs aux jeunes que je forme, je trouve cela noble.

Le mot de la fin ?

Pour mener une action de solidarité, on a besoin de tout le monde : ceux qui font, les personnes qui aident à la logistique, ceux qui offrent de la matière première, et toujours, les dons d’argent.

Les étudiants du Lycée La Fayette de Clermont-Ferrand avec leur enseignant Yann Vodable, remettant une prothèse de bras imprimé en 3D.
Les lycéens de Yann Vodable remettent leur prothèse de bras à un agriculteur. © Radio France – Claudie Hamon
Portrait de Bruno Amar

Portrait de Bruno Amar

Bruno Amar, 44 ans, habite à Montgeron en Ile-de-France. Enseignant en microtechniques, il est Maker engagé auprès des associations Visière Solidaire, Planète Science et Grégory Lemarchal.

Que faites-vous dans la vie ?

Depuis 20 ans, je suis enseignant en région parisienne auprès d’élèves qui préparent un bac professionnel en microtechniques. Après avoir formé des jeunes à Evry et Massy, j’enseigne aujourd’hui au Lycée Frédéric Joliot Curie à Dammarie-les-Lys en Seine-et-Marne. Je forme notamment les élèves à la maintenance, au montage et à la fabrication de systèmes mécaniques pouvant contenir de l’électronique, comme les imprimantes 3D.

Comment avez-vous rejoint l’association Visière Solidaire?

Suite à un article paru dans Le Parisien et relayé sur les réseaux sociaux, j’ai pris contact avec Anthony afin de l’aider. Plutôt réservé et à l’écoute des autres, j’aime rendre service.

Quels sont vos souvenirs les plus mémorables ?

Ce qui m’a marqué sur le plan humain est la force d’action que l’on peut avoir en se regroupant. Les nuits passées à printer, à discuter en visio avec d’autres maker, l’esprit de famille qui s’est créé, le regard des gens que l’on a pu aider, m’ont marqué.

Comment décririez-vous la personnalité de votre ou de vos imprimantes 3D ?

Mon imprimante, que j’ai acquise en 2014, est à monter et à régler soi-même. Une imprimante de maker avec des hauts et des bas, et beaucoup de bricolage !

La solidarité c’est quoi pour vous ?

La solidarité, c’est de pouvoir aider avec ce que l’on sait faire, pas forcément avec de l’argent, mais avec du temps que l’on donne aux autres. En plus de Visière Solidaire, je suis engagé dans le fablab de Planète Science à Ris Orangis pour faire découvrir les technologies et aider sur des projets. Je suis aussi bénévole pour l’association Grégory Lemarchal (la lutte contre la mucoviscidose) pour qui je fabrique des objets en 3D, que j’offre à l’association pour qu’elle puisse les vendre.

Pour garder le contact avec Bruno, qui est l’un des administrateurs du groupe Facebook Visière Solidaire, c’est par ici.

Et pour lire l’article sur notre collectif sur Makers Faire France, c’est par !

Anthony Seddiki nommé Prodige de la République 2021

Anthony Seddiki nommé Prodige de la République 2021

La distinction « Prodige de la République », créée par le Ministère de l’Intérieur à l’automne dernier vise à valoriser les citoyens engagés. Notre président Anthony Seddiki y était. 

L’origine des prodiges

Le 15 décembre dernier, Marlène Schiappa, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, lançait l’opération des prodiges de la république afin de récompenser et mettre en lumière des Français méritants qui se sont illustrés par leur engagement pour la société.

Toute personne était libre de proposer un prodige, que son action soit en lien avec la crise sanitaire, une association ou encore un acte citoyen.

Être citoyen dans cette période, c’est aussi donner de son temps pour les autres. Vous êtes nombreux à le faire !

Marlène Schiappa, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur.

La remise des distinctions

Le 27 mai 2021 donc, la Ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur et chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, présidait la cérémonie nationale en l’honneur des Prodiges de la République. A cette occasion, 13 d’entre eux étaient invités au ministère. En tant que représentant des Prodiges du département de l’Essonne, Anthony Seddiki a reçu la distinction des mains de la Ministre.

Extrait de l’intervention de Anthony Seddiki – Les prodiges de la république ( source )

Un mode de vote citoyen

Sur 20 000 jeunes proposés dans la France entière, le vote public a nommé 800 Prodiges de la République. Conditions sanitaires oblige, les nominés ont été conviés à la remise des distinctions en comité restreint. Parmi eux, Arthur Bernardin engagé auprès de Croix rouge, Chloé Forthoffer créatrice de Hopendog, et plusieurs lauréats de l’Institut de l’Engagement. Cette organisation encadre les jeunes effectuant des actions de bénévolat, notamment dans le cadre du Service Civique.

Pour la remise, Anthony Seddiki, représentait les lauréates et lauréats de l’Essonne. Il a rappelé que le mérite de sa nomination aux Prodiges de la République revient surtout au collectif de makers de Visière Solidaire. Depuis mars 2020, ils sont plusieurs milliers à fabriquer bénévolement à ses côtés des visières anti-projections. Grâce à cette chaîne de solidarité, plus d’un million de visières ont été distribuées.

A tous les makers de notre réseau, un grand merci de répondre toujours présent !

Notre communauté

Lire le portrait d’Hélène Robert, maker et cake designer à Périgueux, c’est ici !

Gendarme spécialisé dans les systèmes d’information et maker engagé, rencontrez Eric Guérin.